Mala

Extrait tiré du magazine littéraire Quill & Quire par Phyllis Simon
Adaptation par Gita Wolf du film Girija de Madhyam, basé sur un conte du folklore de l’Inde, illustrations d’Annouchka Gravel Galouchko.

Sous-titrée “A Women’s Folktale”, Mala est l’histoire d’une courageuse jeune fille qui défie les obstacles et part à la recherche d’un démon responsable d’une terrible sécheresse. L’histoire est adaptée d’un film tourné en Inde, lui-même basé sur un conte traditionnel indien. Il s’agit d’une édition nord-américaine avec de magnifiques œuvres de l’artiste québécoise Annouchka Gravel Galouchko.

Le frère de Mala, Mani, est transformé en pierre lorsqu’il tente de récupérer la graine de pluie que le démon a volée. C’est maintenant l’occasion pour Mala de sauver le village et de retrouver son frère. Mais parce qu’elle est une fille, on lui refuse la possibilité de relever le défi. La solution : se transformer en son alter ego masculin. Le garçon qui en résulte, Amal, est alors équipé d’un miroir spécial, à l’intérieur duquel se cache Mala. C’est une chance pour Amal, car il ne peut répondre à aucune des trois énigmes du démon sans l’aide subtile de Mala à l’intérieur du miroir. À la fin, Mala est récompensée justement par le roi pour sa bravoure et sa sagesse – un bon modèle d’estime de soi tant pour les filles que pour les enfants du monde entier.

L’œuvre d’art est remarquable. Des couleurs riches et audacieuses sont utilisées conjointement avec des motifs et des symboles, à la fois dramatiques et humoristiques. Galouchko, qui a remporté le prix du Gouverneur général en 1995 pour son livre Shô and the Demons of the Deep, fait preuve aussi dans Mala d’une sensibilité remarquable dans ses paysages, symboles et motifs indiens.

Notre maison était peuplée d’art et d’artisanat issus de nos nombreux voyages et de ceux de mon père en Afrique, en Inde et dans les pays scandinaves. Il ne s’agissait pas de l’artisanat destiné aux touristes endormis, mais d’objets signifiants parlant de la vie psychique des peuples et de leur âme. Je me rappelle, entre autres, les poupées cousues par des enfants dans des tissus variés sentant encore le vent du désert, les épices et le cuir. Elles étaient mes compagnes de jeu.

Parfois, notre famille de quatre enfants ne pouvait accompagner mon père dans ses voyages de plusieurs mois de travail intense à l’étranger. Nous restions avec ma mère dans notre maison à Montréal, poursuivant notre routine d’écoliers. Mais nous suivions, à travers les récits de ma mère, notre père à l’esprit aventurier. Ses nombreuses pérégrinations n’étaient pas dépourvues d’épisodes parfois époustouflants et d’événements colorés. À travers ses lettres et nos nombreuses collections de timbres séchant dans toute la maison sur d’interminables rouleaux de papiers de toilette, nous suivions ses voyages.

Excerpt from Quill & Quire literary magazine by Phyllis Simon
Adaptation by Gita Wolf of Madhyam’s film Girija, based on a tale of folklore from India, illustrations by Annouchka Gravel Galushko.

Subtitled “A Women’s Folktale”, Mala is the story of a brave girl who defies obstacles and goes in search of a demon responsible for a terrible drought. The story is adapted from a film shot in India, itself based on a traditional Indian tale. This is a North American edition with magnificent works by Quebec artist Annouchka Gravel Galouchko.

Mala’s brother, Mani, is turned into stone when he tries to recover the rain seed that the devil has stolen. It is now an opportunity for Mala to save the village and find her brother. But because she is a girl, she is denied the opportunity to take up the challenge. The solution: to transform oneself into one’s masculine alter ego. The resulting boy, Amal, is then equipped with a special mirror, inside which hides Mala. This is a chance for Amal, because he can not answer any of the three enigmas of the demon without the subtle help of Mala inside the mirror. In the end, Mala is rewarded precisely by the king for her bravery and wisdom – a good model of self-esteem for both girls and children around the world.

The artwork is remarkable. Rich and bold colors are used in conjunction with patterns and symbols, both dramatic and humorous. Galouchko, who won the Governor General’s Award in 1995 for his book Shô and the Demons of the Deep, also demonstrates in Mala a remarkable sensitivity in his landscapes, symbols and Indian motifs.

Our house was populated with art and crafts from our many travels and those of my father in Africa, India and the Scandinavian countries. It was not a question of craftsmanship for sleepy tourists, but of significant objects about the psychic life of peoples and their souls. I remember, among other things, dolls sewn by children in various fabrics still feeling the desert wind, spices and leather. They were my playmates.

Sometimes our family of four could not accompany my father on his travels for several months of intense work abroad. We stayed with my mother in our house in Montreal, continuing our school routine. But we followed, through the stories of my mother, our adventurous father. His many wanderings were not devoid of sometimes breathtaking episodes and colorful events. Through his letters and our many collections of stamps drying throughout the house on endless rolls of toilet paper, we followed his travels.

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